20/01/2012Crédit et Cré nom... (d'une pipe !)En rangeant mes archives, je suis tombé sur un articulet "coup-de-gueule" que j'avais publié en 1997 dans "La Dépêche". 97... c'est pas si loin que ça, et pourtant, on dirait qu'il s'agit d'un autre monde !
- ...De nos jours, Monsieur, avec toutes ces banques, on ne sait plus où mettre son argent.
- Vous en avez, vous, de l'argent ?
- Non Monsieur. Mais on m'en prête.
- C'est vrai qu'on ne prête qu'aux riches...
- Je ne vous le fais pas dire.
- Quand je pense qu'autrefois, fallait le gagner !!! Je me souviens même avoir vu des gens qui ne travaillaient que pour ça !..
- Nooooonn ?!?... c'est fou, hein ? Aujourd'hui, c'est le placer qu'est devenu vraiment difficile.
- ...le placer, le placer, vous en avez de bonnes : Faut d'abord en avoir pour le placer ; et pour en avoir...
- Y'a qu'à l'acheter. L'autre jour, j'étais à Carrefour : Y faisaient de la promo sur le crédit. Tarif "Spécial-Fauchés" pendant une semaine... Tellement alléchant que c'est à vous ôter l'envie d'être riche !
- Ah bon ? et comment y font ? Deux billets de cent pour le prix d'un ?
- Presque. Suffit d'avoir la carte "CEQUELLEAIME". Ou bien la "SAUFACCROC"
- Sauf accroc ?
- Le "Crédit SAUFACCROC", vous connaissez pas ?
- Non. Et qu'est-ce qu'y faut pour l'avoir ?
- Presque rien : vos trois derniers bulletins de salaire ; ceux de votre femme ; votre quittance de loyer ; une facture EDF ; votre dernier relevé "France-qu'elle-est-conne" ; un R.I.B., et le tour est joué !
- Ca !!! je me disais aussi : ça sent le piège !
- Comment ça, "ça sent le piège" ??
- Ben oui : je suis agriculteur. Je suis célibataire. J'habite une ferme qui appartient à ma famille depuis plus de trois cents ans, et comme j'ai appris à écrire, j'ai pas besoin du téléphone. Quant à la télé, quand vous avez bossé dehors pendant quinze heures par jour, vous savez...
- ...je suppose que vous vous éclairez à la bougie, aussi ?
- Non. Pour ça, j'ai une génératrice éolienne et des capteurs solaires. Quant à ma machine à traire les brebis, elle marche au butane. Mais je vais passer au méthane, bientôt : avec tout ce fumier...
- Oulez qu'j'ous dise ? Un ASOCIAL, ouahlà ç'qu'ous-z-êtes !! et dire que c'est avec des gens comme vous qu'y va falloir faire l'Europe ! On n'est pas sorti de l'auberge... 09/01/2012Super Coountry-Quizz nouvelle série 2012...Super bravo à Arpad !!!! vous êtes très fort : oui, c'était bien d'Antoine Blondin qu'il s'agissait ; un écrivain qui a donné ses lettres de noblesse au reportage sportif (il était journaliste à l'Equipe...) et a permis, entre autres, à deux "pointures" du cinéma français de prendre une cuite mémorable dans une petite ville de Normandie (dans lequel de ses ouvrages ?)
Sur la photo, il a à peine trente ans, sur celle ci-dessous... il a quelques années de plus !
Si j'ai publié cette photo, c'est que j'en ai marre des photos de minets à peine sortis des "teenages" dont on nous gave et dont certain(e)s ici oublient de se souvenir que le temps vient à bout de tout... Le physique, c'est bien, mais c'est... fugitif. L'amitié (si chère au coeur d'Antoine), c'est quand même autrement durable.
Super Coountry-Quizz nouvelle série 2012...Question : qui est ce mignon pongiste ?
Indice I : je passe souvent tout ou partie de la nuit au lit avec lui... (Bbbbbooooouuuuhhhhh les jalouses !!!) 25/12/2011Le petit jeu d'Alex...(Epilogue-s-)Épilogue I
Bien sûr, en stricte observance de mon devoir de petit chrétien bien catéchisé, je me suis précipité à l’église pour la messe de minuit : – qui commence à onze heures quarante-cinq chez nous, explique qui pourra ?
Mais c’est vrai qu’il y a les cérémonies préliminaires, aussi.
Ce soir-là, fait exceptionnel, j’étais à l’heure. Si ma mère et mes sœurs étaient dotées du moindre sens de l’observation, voilà un détail qui eût dû leur mettre la puce à l’oreille ; d’autant que je ne me suis pas assis avec elles, au troisième rang du parterre, mais que je suis allé me planquer tout au fond de la chapelle, pas loin du confessionnal ordinaire de Mr le Vicaire.
En prévision de la nécessité d’une éventuelle retraite rapide. Et sans flambeau(x)
Lorsque je suis entré, il y avait cependant déjà la foule des grands jours.
Notamment dans la chapelle de la Sainte Vierge où, comme chaque année, allait avoir lieu la cérémonie de « La présentation de l’Enfant Jésus », ainsi qu’indiqué sur le « programme » ronéotypé, imprimé à l’encre violette délavée en format « A5 » (encore un des méfaits de la Gesteltner à manivelle de Mr le Vicaire) et disponible à l’entrée de l’église, en pile épaisse et dans de profondes effluves d’alcool à brûler, sur une ancienne table-de-bridge reconvertie « mobilier liturgique » à l’aide d’un vieux drap, de deux bougeoirs à chandelles torses rouge-cerise - c’est la mode, ce Nowël-ci, les torsades et le vermillon - et d’un artistique "pêle-mêle" de feuilles de houx et de branches de sapin.
Ra-vi-ssant.
Pour une fois que j’étais à l’heure, c’était tout de même trop tard pour mon prie-dieu préféré ; présentement squatté par une vieille morue genre « veuve inconsolable », à manteau d’astrakan frisotté, chapeau de paille perlé noir-de-jais avec application d’ailes latérales en véritable plume-de-corbeau et voilette anthracite en « nuage » relevée sur les côtés.
Comme dit le proverbe chinois « Vous ne pouvez pas empêcher les oiseaux noirs de voler au dessus de vos têtes, mais vous pouvez les empêcher de faire leur nid dans vos cheveux… »
Ben là, c’est raté.
Le parfum est du même tonneau ; encens tiède et cire fumante des cierges, sur fondamentale persistante de boule-à-mites : comme on ne sort l’astrakan que pour les grandes occasions et que c’est fragile, ce pauvre petit agneau mort-né (pour la naissance/décès duquel la Très Sainte Église Catholique, Apostolique et Romaine ne fait pas tant de chichis que pour l’autre), l’encens des astrakans, c’est la naphtaline.
Bien fait pour leurs pieds.
C’est vrai que l’astrakan, c’est noir comme le diable. Moralité : il y a agneau et agneau. Faut pas tout confondre. En plus, la province d’Astrakan, si ça se trouve, c’est rien que des musulmans. Limites païens, quoâââhhhh !
Vous devinez mon impatience en ce lever-de-rideau…
Ça y est, ça commence : arrivée par la droite de la procession ; quatre enfants de chœur troumignons en rouge ; portant bannière et chandeliers et ouvrant la route à Mgr l’Archiprêtre, en chasuble blanche « violoncelle » bordée de passepoil et rechampie tout à l’or fin*…
Sans oublier Mr le Vicaire trois pas derrière. En cas de malaise.
Tralala habituel : génuflexion de Monseigneur (qu’a bien eu besoin de l’aide de sa canne pour se relever ; vivement qu’il soit promu évêque, qu’on lui octroie une Crosse Blanche…) ; coups fumants d’encensoir à droite, à gauche, devant, derrière, puis…
Tiens, y’a un truc que j’avais pas remarqué lorsque je suis venu me livrer à l’échange des enfants-jésus : de chaque côté de la grille du cancel, on a installé deux anges de faïence, agenouillés sur deux consoles camouflées « papier-rocher » et qui présentent deux paniers percés d’une fente au dessus. Des tire-lires ! et pour appâter les mômes, ils branlent du chef en guise de merci chaque fois qu’on leur enfile une ‘tite pièce dans la fente : j’ai déjà vu les mêmes je ne sais plus où…
C’est une idée qui fleure bon Mr le Vicaire, ça : Faut rentabiliser, nom de…
Hum.
Mais voilà le grand moment…
Sort de la gauche de la crèche - où on l’avait sans doute planqué en attendant le grand moment - un « ange » : un grand benêt de quatorze/quinze ans, affligé de deux fausses ailes bordés duvet (et d’un début d’acné galopant, qui plus est...) qui présente précieusement, mais à bout de bras devant lui comme s’il risquait de se faire pisser sur sa belle soutanelle rouge, la courtepointe, toujours soigneusement enroulée, avec the « God’s baby » in it.
Il tend le tout à Monseigneur.
Celui-ci s’en empare (si je puis dire…) et face à l’autel, d’un geste théâtral (qui a dû demander des répétitions à n’en plus finir…), l’élève solennellement au dessus de sa tête, de façon telle que la couverture se déroule « tout naturellement » et ne dévoile son contenu qu’au moment où il se retournera vers la foule extasiée,
Premier « Mêêêêêèèèèèèhhh » du bambin. Personne n’a entendu ; ou tout du moins, on a fait tout comme.
Là, son Éminence entonne, avec un enthousiasme chevrotant et en guise de péan :
« Hodie Christus natus est !!! »
Le papier alcoolo-violacé de Mr le Vicaire précise que l’assemblée des fidèles doit, en « repons », enchaîner sur un « Gloria In Excelsis Déo, et in Terra pax hominibus… » etc. etc. non moins enthousiaste.
Au lieu de quoi, il y a un blanc parfait.
Un silence absolu : toute l’assemblée est restée bouche bée et les yeux ronds devant le petit jésus-négrito que l’Archiprêtre continue de brandir (mais en faiblissant tout de même : à son âge !) haut par-dessus sa calotte noire ourlée de violet…
Qui plus est, le carissimo bambino est tout habillé de laine rose !!!! une « jésute » !!! Mais : "A Domino factus est istud : et est mirabile in oculis nostris !", comme dit Dom Lefebvre dans son "Missel Quotidien" : y'a pas à discuter.**
Toujours pas « au parfum », Mr Le Vicaire ( resté humblement trois pas derrière son supérieur hiérarchique et qui, donc, n’a encore rien vu) entonne alors, autoritaire et d’une voix de stentor, sans doute histoire de galvaniser les fidèles défaillants :
« GLO-Ô-Ô-Ô-Ô-Ô/-Ô-Ô-Ô-Ô-Ô/Ô-Ô-Ô-Ô-Ô-Rriââââhh In Hhheeeexelsîîîs…Dééééé-Hôô »
avec, à l’intention de l’honorable assemblée toujours coite, un superbe effet des manches immenses de son surplis (Quand il dirige - de la même façon - la chorale, on a l’impression qu’il va s’envoler, des fois…)
Mais il ne se passe encore une fois rien.
Sauf que l’archiprêtre, qui commence de fatiguer, baisse les bras tout en tournant l’enfant-jésus, vers lui cette fois et provoquant de cette façon un nouveau « Bêêêêê-êêêêhhh… » indigné, lequel retentit sous la voûte de façon telle que personne ne peut prétendre ne pas l’avoir entendu, ce coup-ci…
De mon côté, j’ai la sensation très nette d’avoir surpris quelques fous-rires (vite réprimés), ça et là… et je commence à avoir peine à réprimer le mien. D’autant que ma mère et mes délicieuses sœurettes doivent bien, elles, avoir reconnu le bambin depuis un moment et que je ne voudrais pas, de la sorte, contresigner mon forfait…
Quant à Mr le Vicaire, il a – enfin ! – compris que quelque chose clochait dans sa mise en scène : il se jette sur l’archiprêtre stupéfait pour lui arracher des mains l’objet du délit… avec une précipitation telle que le lourd « bidule-à-faire-« Meêêêêhhh » se détache – le scotch a lâché – et dégringole sur la tête du malheureux St Joseph un peu en dessous avec un « Mêêêêèèèèèèh » sonore ; lui fracturant le nez au passage*** avant que de rebondir et d’aller décapiter l’un des anges en faux « Quimper », qui en tombe de sa sellette (papier-rocher compris ; on découvre alors tout à loisirs que la dite sellette n’est autre d’un tabouret de cuisine en Formica jaune et tubes chromés) pour aller se briser sur les dalles et répandre partout une manne de pièces et piécettes de toutes sortes qui roulent ça et là, au beau milieu des chaises et des prie-dieux.
La panîîîîîîque !!!
Moi, j’ai rien vu de la suite : je m’étais déjà éclipsé le plus discrètement possible dans le mouvement de foule qui a suivi ; je ne pouvais pas rester une seconde de plus : ou bien j’éclatais de rire à en suffoquer, ou bien j’en faisais pipi dans mon beau patalon-des-dimanches
Épilogue II
On comprendra mieux, à la lecture de ce qui précède, pour quelle(s) raison(s) j’ai été aimablement prié, l’année suivante, d’aller faire ma communion solennelle ailleurs.
Mais à quelque chose, malheur est bon : au réveillon de Nouvel-an qui a suivi, mon grand-père (le socialo « bouffe-curé » ; qui se refuse absolument à toute solennité religieuse mais ne recule pas devant un bon gueuleton soigneusement arrosé…), mon grand–père préféré, donc, m’a tiré dans un coin discret à la maison… :
- Dis-donc, fiston : c’est toi, le coup du négro-jésus qui fait « Mêêêhhh » à St Michel, la semaine dernière ?
Je ne sais pas qui a vendu la mèche, mais je me doute bien que mes sœurs n’y sont sans doute pas pourrre-rien. On le sait pourtant : je ne mens jamais à mon grand-père.
- …Euhhhh… ouais, pépère. Pourquoi ?
Là, il m’attrapé par le cou et m’a serré contre lui ; une chose qu’il n’avait jamais faite auparavant : on n’est pas très « mamours », dans la famille.
Puis il a fouillé son gousset et en a sorti une superbe pièce de cinq francs belges toute neuve, en argent massif avec le profil de Léopold II dessus…
- Tiens : garde-la en souvenir de moi. Tu sais, j’irai peut-être tout droit en enfer, moi le vieil athée… mais si c’est toi qui m’y accompagne, on n’a pas fini de rire !
ZE END.

* « Double de première classe avec octave privilégiée de 3° ordre. Blanc. » qu’il précise mon « Missel Quotidien présenté, traduit et commenté (rien que ça…) par Dom Gaspar Lefèbvre et les moines bénédictins de l’Abbaye de St André » ; là, le truc de l’octave, j’ai rien compris. Par contre et plus loin : « Station à Ste Marie, à l’autel de la crèche ». Ça tombe bien : c’est pour ça que je suis venu. Spécialement.
** "C'est l'oeuvre du Seigneur ; elle est merveilleuse à nos yeux"...
*** Pauv' St Joseph : il avait vraiment pas mérité ça ! Surtout que s'il y en a un qui n'est pourre-rien dans tout ce binz, c'est bien lui !!!
24/12/2011Le petit jeu d'Alex...(VII)VI
…L’année dernière, alors que comme chaque été nous faisions escale, sur la route de Valras, à Gramat, à « l’Auberge du Roulage »*, ma plus jeune sœur a décidé d’emmerder le monde. L’une de ses occupations favorites pour laquelle, il faut le reconnaître, elle présente des prédispositions tout à fait remarquables qui laissent, à ce moment de sa vie, augurer d’un curriculum futur** du niveau de celui de ma tante Nini, pour l’instant toujours hors-concours. Mais «…Aux âmes bien nées…», etc. etc.
Donc, la voilà partie dans des séances de hurlements à n’en plus finir, pour un oui ou un non et sans raison aisément identifiable « Et pourtant - ne cesse de répéter à qui veut l’entendre une mère pour une fois complètement dépassée -, elle a fait ses dents depuis un moment ! »
À bientôt sept ans, c’était heureux : ç’aurait été, autrement, un cas digne de l’intérêt de la Faculté de Médecine
Pour moi, je crois simplement que ma petite sœur chérie faisait des vocalises en vue de sa carrière future : l’air de Gramat devait l’inspirer.
La suite de sa vie a montré que non seulement j’étais dans le vrai, mais que nous n’avions encore qu’une très pâle idée de ce que l’avenir nous réservait.
Pour l’instant, il importait de remédier rapidement à cet état de fait. J’aurais volontiers envisagé la strangulation pure et simple, mais il était à craindre que ma proposition soit mal interprétée par le restant de la famille. Moins, sans doute, par la clientèle de l’hôtel, qui commençait sérieusement de nous regarder de travers ; aux entrées tri-quotidiennes en fanfare dans la salle à manger, notamment.
La solution vint de Suzy, l’adorable fille de la maison, qui eut l’idée de présenter à l’objet de tous nos tracas… le poupon qu’on lui avait jadis offert à on ne sait plus quelle occasion et auquel elle avait longtemps confié tous ses chagrins de petites filles.
Non pas un prêt, mais bien une proposition d’adoption définitive.
Je me demande encore aujourd’hui ce qui a bien pu marcher dans cette « combinazione » ; ma sœur en est restée bouche-bée (et en silence !!!)
Je ne vois qu’une réponse : la couleur.
Eh ouiiii… ce charmant baigneur – dont mes sœurs avaient déjà le double parfait en rose, blond et dodu à la maison - , ce magnifique poupon, donc…
Était du plus beau noir.
Ou plus exactement, d’une superbe couleur de chocolat amer, « 100% pur-beurre-de-cacao »…
Pour le reste, il était moulé exactement dans la même veine que son frangin rose abandonné à la maison (100% Made in France Bien-de-chez-nous, quant à lui).
Sauf que celui-ci avait des cheveux d’encre et les yeux itou.
Un modèle « Export », sans doute ; du temps de la gloire de notre Empire Colonial.
Je continue de m’interroger aussi sur les imprévisibles incidences que le fait d’avoir dorloté toute sa jeunesse un poupon noir pourraient bien avoir sur la suite de la vie affective d’une si jeune enfant : vous savez comme les gosse sont influençables…
Cependant, nous avons jusqu’ici évité le mariage mixte (au grand soulagement de ma mère, je crois.)
Tout du moins après trois divorces et remariages plus ou moins mouvementés, si je sais encore compter.
Il y en a peut-être eu d’autres entre-temps, mais comme ça fait un moment que cette branche de la famille et moi sommes fâchés, on ne me tient plus au courant.
Ouf.
Pour en revenir à nos crêches-de-Nowëll, me voici, à peine de retour de l’église à la maison (au pas de course, cette fois !), plongé dans le coffre-à-jouets-fosse-commune de mes sœurs (là où, depuis les origines, elles ensevelissent en secret et sans les secours de la religion toute une population de poupées et autres peluches victimes de leur affection dévastatrice. Je vous passe le détail : on voit déjà assez d’horreurs comme ça tous les jours à la télé.)
Miracle !!!! le poupon-bamboula est toujours là !!!
Du même format que le petit-jésus de St Michel ; un rien ébréché, certes, mais quasiment intact. Et qui plus est, doté d’une superbe brassière d’angora rose-dragée (légèrement feutré, l’angora…), avec petite culotte en dentelle à trous-trous au crochet, chaussons et bonnet-à-festons assortis…
D’un croquignolet tel que, si j’avais le temps – et la vocation, surtout ! – je pouponnerais bien un moment.
Mais j’ai d’autres desseins.
Aussi noirs que le poupon, pour une fois.
Aujourd’hui encore, je ne puis m’empêcher de penser que le Ciel (ou était-ce quelqu’un d’autre ???) ne voyait pas mon initiative d’un mauvais œil, puisqu’au moment ou j’extrayais le pitit nèg’ du tas de cadavres, Il (le Ciel) m’envoya la bande-son de mon scénario.
Un complément dont je reconnais en toute modestie que l’idée ne me serait jamais venue sans ce… coup-de-pouce céleste !
Une autre de mes tantes – Madeleine, dite « Mad » - a la nationalité suisse et habite Lausanne. Ce qui nous vaut pléthore de chocolats de même origine et autres cadeaux plus ou moins drolatiques à chaque occasion festive. Pour cette fois-là, elle nous avait envoyé un bidule du genre que seuls les Suisses pouvaient imaginer (…eux qui ont un hymne national dédié aux vaches…) : une espèce de cylindre de carton de la taille d’une petite boîte de lait « Gloria »(ça s’imposait, comme on verra), tout enluminé de fresques agrestes et percé aux deux extrémités, un peu comme un saupoudreur à sucre cristallisé.
Lorsqu’on le retourne, ce charmant objet émet une éructation bizarre sensée imiter le meuglement d’une vache, par le biais d’un lourd galet de pierre qui coulisse à l’intérieur en écrasant une baudruche. Le « Coucou Suisse » version bovine. Ou ovine : je ne suis pas sûr de l’exactitude de la prononciation. Et avec l’accent suisse, en plus…
Ça nous a amusé une petite semaine, puis le truc a disparu dans les oubliettes sororales.
Or, voilà que mes fouille intempestives venaient de remettre la chose à jour.
Quelques instants plus tard, j’avais fixé l’objet en question (qui, je le crains, n’a de nom en aucune langue connue…) sous la petite culotte, dans le dos de Bamboula et à grand renfort de scotch : c’est une réussite ; chaque mouvement du délicieux poupon le fait bêêêêêêler de façon tout à fait émouvante…
Le reste (tout le reste) s’est passé tellement vite et tellement bien - au delà de mes espoirs les plus fous ! - qu’aujourd’hui encore, j’ai peine à en croire ma mémoire.
La substitution n’a posé aucun problème : j’avais enfourné le negritto dans mon sac de sport, vidé pour l’occasion ; je me suis présenté comme pour un acte de contrition d’urgence juste avant la fermeture du sanctuaire ; je me suis glissé (dans le noir : on avait déjà éteint les illuminations. Économies, économies : y’avait plus que quelques cierges agonisants…) derrière la colline en papier-rocher pendant que la chaisière (voûtée – comme l’église ? – et plus qu’à moitié sourde ; elle et l’archiprêtre peuvent se donner le petit doigt dans le genre décati…) arpentait les allées de la nef en sonnant sa cloche pour annoncer la fermeture ; j’ai soigneusement emballé le baigneur « II » dans la courtepointe ; j’ai replacé le tout dans les coulisses, non sans avoir enfilé au préalable le petit-jésus « I » (Dieu me pardonne…) dans mon sac à la place de l’autre, puis je suis sorti, tête haute et cordon à l’épaule, en état de jubilation intense : le premier Jesus-Kristnapping de l’histoire.
La suite s’est déroulée « …pendant l’horreur d’une profonde nuit »…
Et surtout, exactement comme je l’avais prévu(e).
* Un véritable relais de poste datant de Louis XIV et toujours tenu par la même famille – les Laromiguières, que je salue au passage - depuis les origines. Ce qui n’est malheureusement plus le cas aujourd’hui je crois… et si l’auberge existe toujours !
** Voir d’un « Cursus Honorum » : les emmerdeuses patentées réussissent toujours dans la vie ; ne serait-ce que par knock-out, forfait ou par abandon de l’adversaire…
 23/12/2011Le petit jeu d'Alex...(VI) Inutile de vous le cacher plus longtemps : j’ai passé une très mauvaise nuit, pourchassé par des Pères-Nowëll’s ivres-morts qui me coursaient à toute berzingue en tramways-traineaux dans la rue de Lannoy*, tout en fouettant rageusement des rennes qui exhalaient des nuages incandescents de Scaferlati par les naseaux, etc. etc.
Aussi, ce matin, je me livre à mes pensées agitées, pendant un p’tit dèj que j’ai dû me préparer moi-même ; non pas qu’il y ait du relâchement dans la parfaite tenue de cette maison, mais ma mère est déjà occupée ailleurs : elle dresse le couvert dans la salle à manger et tous les hommes - et les femmes…- valides sont réquisitionné(e)s ; notamment pour astiquer l’argenterie.
Faut d’abord que je trouve un moment pour faire le point au calme.
J’ai été d’une grande imprudence, hier soir. Quand donc me mettrai-je enfin dans la tête que toute vérité n’est pas bonne à dire ??? Que ce triste monde ne vit que de mensonges et de faux-semblants ? que décider de ne pas participer à l’escroquerie générale, c’est forcément se mettre hors-jeu dans un pays où, en un mois, un footballeur-vedette gagne environ cent fois plus qu’un chirurgien-neurologue et je-ne-sais-combien-de-fois-plus qu’un ouvrier « non spécialisé » ???
Seigneur, quel univers !
Tiens, à propos de Seigneur, il y a peut-être un endroit où je pourrai réfléchir en paix sans être interrompu parce que la guirlande électrique du sapin ne fonctionne pas ; parce que ma mèèèère ne trouve plus les pinces-à-huîtres ou les fourchettes-à-escargots (ou le contraire…) ; parce que mes sœurs ont pulvérisé Gaspard, Melchior ou Balthazar (ou leur dromadaire) en les laissant tomber sous la commode où siège la crèche de…
L’Église.
Saperlipopette (comme dirait ma tante) : mais c’est bien sûr !!!
Y’en a marre de toute cette agitation : au moins là-bas, on est tranquille ; bien planqué derrière un pilier du fond. J’en connais même un qui dissimule une merveille de confort : un prie-dieu « Haute-Époque » ; en poirier traité « façon ébène » et tout capitonné de velours zinzolin, avec la chaise assortie. Bon, d’accord, le capitonnage commence de fatiguer (on voit les ressorts par en dessous) et le velours est très légèrement élimé aux plis, mais c’est autrement mieux que le bois brut et la paille tressée, Spécial « genoux-de-prolos » !
J’ai toujours eu le sens du somptuaire : en m’asseyant là (je ne m’agenouille jamais ; c’est debout, assis, ou rien. Si Dieu a une réclamation à m’adresser à ce sujet, on verra ça là-haut plus tard, entre quat‘z’yeux. Non mais…), des fois, je me prendrais presque pour Achille, Cardinal Liénard ; le Très Bienveillant Prélat chargé du convoyage diocésain de nos âmes laborieuses, en cette vallée de larmes.
En plus, j’ai une ligne directe avec le Très-Haut (en cas d’urgence…) ; mais comme j’aime pas être dérangé quand je suis en communication prioritaire (Ça, je l’ai jamais dit à mon grand-père : je ne connais que trop sa réaction !), quelle meilleure cabine téléphonique que SON église ?
Abandonnant toute la famille et ses auxiliaires de service à leurs joyeusetés, me voilà donc derechef, mon chocolat tiède à peine avalé, en route pour St Michel, notre-cher-sanctuaire-paroissial-bien-à-nous (et quand je dis « bien à nous », avec le Denier du Culte, je trouve qu’on en finance une sacrée part !)
Un timide soleil d’hiver n’a pas tout à fait fini de se lever et il fait foutrement plus doux qu’hier ; ce qui me vaut de me faire tremper sous chaque arbre le long du chemin : tout le givre accumulé ces jours derniers est en train de fondre et les branches en poussent des soupirs de soulagement accompagnés de larmes de joie. Et vous savez comment ça se passe dans ces cas-là : la grosse goutte bien glacée s’arrange toujours pour plonger juste au moment où vous passez dessous et se glisser perfidement entre le cache-col et cou, jusqu’entre les omoplates ! y’a pas, le hasard a vraiment le sens de l’humour. Noir.
Mais je ne peux tout de même pas marcher au milieu de la chaussée ???
Mon calcul n’était pas tout à fait le bon ; l’église aussi est en pleins préparatifs. Un point positif : ils ont allumés le chauffage. Ça a au moins ça de bien.
Le moins bien, c’est qu’il y a une escouade de grenouilles de bénitiers en train d’installer la crèche habituelle ; dans la chapelle latérale gauche qui recèle mon prie-dieu préféré et sous les ordres d’une bonne sœur gradée (Sergent-chef ?)
Et ça y va d’hectomètres de « papier-rocher », déroulés et artistiquement froissés pour dissimuler l’autel de la Vierge devant lequel on installe - comme chaque année - le Très-Saint-Diorama liturgique (soit dit en passant, elles ont une curieuse vision de la Palestine par une froide nuit de décembre, les rombières…) pendant que d'autres rechargent en munitions fraîches les immenses porte-cierges en laiton dédoré.
Tous les figurants sont déjà en place et - au moment où je me glisse on ne peut plus discrètement dans la chapelle-, on installe les premiers rôles : des santons de plâtre peint – je vois les mêmes chaque année et continuerai de les voir, de plus en plus déglingués chaque Nowëll, jusqu’à ce que les hasards de la vie m’appellent sous d’autres cieux… - ; lesquels personnages font minima une bonne soixantaine de centimètres de haut avec, soigneusement reproduits, les détails minutieux de toute sainte-sulpicerie qui se respecte et qui font « si vrai » (quand j’étais môme, ils me terrorisaient littéralement.).
Je me suis toujours demandé si la taille on ne peut plus respectable de ces « objets d’art liturgique » n’était pas motivée par la myopie de notre cher et vénéré archiprêtre ; une myopie qui est allée en s’aggravant au point que, depuis l’année dernière, on lui a adjoint un « Mr le Vicaire » en guise de canne blanche : il est désormais presque complètement aveugle et apparemment, l’urgence de son cas personnel n’est pas inscrite au programme des guérisons miraculeuses de son Grand Patron.
En foi de quoi, il ne célèbre plus qu’à l’occasion des grandes fêtes de l’Ordinaire Romain et toujours sous la surveillance vigilante de « Mr le Vicaire », prêt à intervenir, avec la trousse d’extrême-onction des derniers-soins à quelques marches en dessous, en cas d’incident de déroulement.
Nowëll est du nombre de ces célébrations solennelles.
Pour l’instant, Mr le Vicaire jette ses derniers ordres à ses ouailles : on dirait un paon égaré au milieu des pintades d’une basse cour frémissante d’émotion…
« Et le petit Jésus, Môssieur le Vicaire ? » s’exclame une vieille pomme fanée, avec des afféteries de petite fille attardée et tout en tendant vers l’ecclésiastique distingué un « baigneur » de celluloïd blond et rose aux grands yeux bleus, soigneusement langé de coton immaculé et à moitié emballé dans une courte-pointe de laine grège.
Un truc me choque : le poupon en question est presque aussi grand que sa Sainte Vierge de Mère. Peut-être même plus ! Défaut d’échelle, j’espère pour elle ; sinon, l’accouchement a dû être passablement douloureux !
« Non ; ça, Mademoiselle Bénet, vous le cachez derrière le papier de la grotte. On le sortira en dernier ; au moment où Monsieur l’Archiprêtre le déposera lui-même dans le berceau à la fin de la messe de minuit, avant la procession devant la crèche, comme d’habitude. » - "...là où on a déjà mis les Rois-Mages ?" - "c'est ça : mettez ça avec les Rois-Mages."
« Ça », en parlant de l’Enfant-Jésus ! Bon, en celluloïd, d’accord, mais quand mêêêême !!! Et la transsubstantiation (j’arrive jamais à le dire correctement, ce mot-là…), ça marche pas pour le petit jésus de la crèche, alors ? rien que pour le pain et le vin ? m’est avis qu’il y a encore un douloureux mystère liturgique, là, nooooon ? Vous me direz, pour bouffer du celluloïd !
Tiens-tiens-tiens… puisqu'on en est au celluloïd et aux "baigneurs en", ça me rappelle quelque chose…
*** *** ***
*La principale rue commerçante de Roubaix, en ces temps lointains.

22/12/2011Le petit jeu d'Alex...(V)(et pardon d'avoir sauté l'épisode d'hier : vie sociale oblige !)
V
Difficile de dire en peu de mots toutes les interrogations existentielles qui se bousculent dans ma petite tête de gamin curieux – et pas crédule – à mon retour at home ; toujours en tramway et alors que chaque arrêt, chaque ouverture de porte nous envoie, en plus d’une bouffée de pluie depuis peu mêlée de neige (On dirait que la température est remontée assez sérieusement, mais tout ce qu’on touche garde encore le souvenir glacé des jours précédents ; en particulier les trottoirs, qui m'ont l'air de s'être métamorphosés en patinoires...) ; chaque arrêt, donc, nous expédie en pleine tronche des bouffées d’odeurs de pâtisserie, de volailles dégoulinantes de sauce en train de tourner sur les broches installées dehors ou les senteurs exotiques des massacres de sapins agonisant en tas sur les trottoirs devant les fleuristes, le tout sur fond de « Douce Nuit », d’ « Adeste Fideles » ou des « Angeeeuuuhhh dans nos campagneeeuuuhhh… » diffusés par des myriades de hauts-parleurs qui font du trapèze entre les réverbères ou se cramponnent farouchement aux enseignes, avec des pavillons en entonnoirs vertigineux comme les trompettes du Jugement. Prémonition ?
Pour ne rien vous cacher, tout ça sonne désormais singulièrement faux ; à mes oreilles du moins, et désormais pour longtemps peut-être.
Et si tout ce décorum n’était que du pipeau ??? et si tout ça n’existait que pour le plus grand profit du petit commerce et de ses affidés ? hein ? hein ?? hein ??? Si tous ces beaux emballages-cadeaux restaient complètement vides de sens ?
Et si TOUS les Pères Nowëll du monde n’étaient que des figurants plus ou moins soudoyés, appointés, payés…
Mais alors… alors… alors, et le reste ? le petit Jésus, sa crèche, sa Si-Jolie-et-Très-Toujours-Vierge Mômon en bleu-ciel et blanc, ses veaux, vache, cochons, couvées ??? Pardon, ses moutons et ses bergers, ses santons et ses rois, sa paille et sa myrrhe, ses chœurs d’anges et le méchant Hérode ???
Bon : à qui parler de tout ça ? à qui poser les questions-qui-tuent ?
D’habitude, c’est mon grand-père qui est là pour ça. Mais là, je crains de ne trop connaître par avance sa (ses) réponse(s) : un grand éclat de rire et un « Tu crois encore à toutes ces sornettes, toi, un grand garçon de dix ans !!! ben, tu me déçois… »
Or, pour ne rien vous cacher, y’a rien que je déteste comme de décevoir mon grand-père. Les autres, encore – maman, frères et sœurs, tantes, cousins, etc…-, tout ça je m’en tape, mais mon grand–père…
Mon père aussi, je tiens à son estime ; pourtant, avec lui, les questions qu’on aborde ne sont en général pas du même registre.
Alors ?
Le ciel et la terre me paraissent singulièrement désenchantés, ce jour ; d’autant plus désenchantés que tout autour de moi, la fête continue - tout du moins, ses préparatifs ! - et que tout le monde s’affaire plus ou moins joyeusement sur fond de cantiques rose-massepain dégoulinants de sirop.
Jusqu’à la maison, où je trouve une délicieuse odeur de quatre-quarts en train de dorer dans le four… et mon couillon de frère à genoux sur sa chaise et à moitié affalé sur la table du séjour. C’est pas de sa faute : personne n’a jamais songé à lui apprendre à se servir d’une chaise. Au contraire d’une fourchette ; à chaque repas, maman multiplie les tentatives infructueuses ; néanmoins et malgré l'obstination admirable des efforts maternels – voire les menaces… - lui continue toujours de brandir sa fourchette comme un pic à glace.
Ce coup-là, il a vu grand : il est devant une feuille de Canson quart-raisin ; un plein verre de crayons de couleur à portée de main et toute la langue dehors, comme chaque fois qu’il s’applique.
Et il s’applique souvent, le cher petit.
Y’a que le résultat qu’est rarement à la hauteur de ses ambitions.
Sinon de ses espérances…
Quant à mes sœurs, elles doivent être en train de répéter « Stille Nacht » (pas en V.O.) à Ste Marie Auxiliatrice, en chemise de nuit agrémentée de guirlandes scintillantes en bretelles et à l’encolure (qu’esse ça doit gratter sous les bras !) ; avec de fausses ailes en carton doré accrochées aux épaules et des paillettes argentées collées dans les cheveux (et jusque dans les sourcils : ce matin, en essayant le produit adéquat, elles s’en sont foutu partout. Et impossible de les enlever : c’est de la super-qualité « Spéciale-Théâtre »…)
« Mais où étais-tu donc passé ??? » ; tel est le chaleureux accueil maternel qui me parvient de la cuisine embaumée. C’est vrai que Nowëll est dans trois jours et que ma mère met toujours un point d’honneur à ce que tout soit parfait, en temps et en heure.
Et tout l’est, en général : ce n’est certes pas le moment d’aller l’entretenir de mes doutes circonstanciés en matière de père Nowëll ; je ne risque que de me faire jeter vite fait.
Ou pire : de me voir proposer d’éplucher les châtaignes pour la purée de marrons. Je ne sais par quel miracle les châtaignes - une fois bouillies, épluchées, réduites en purée au « Moulin-Légumes », allongées au lait et dûment assaisonnées - deviennent tout à coup des marrons, mais… on m’a demandé ça une fois, l'épluchage ; je l’ai fait en compagnie de ma grand-mère, qui était là pour les fêtes (bien fait pour elle ! D’ailleurs, elle décline prudemment toutes les invitations de fin d'années, depuis…).
On y a passé tout l’après-midi ; avec en prime les doigts teintés en brun pendant trois jours.
Jamais plus.
En l’occurrence, ma maman – qui redoute par dessus tout que ces rejetons s’ennuient parce que l’oisiveté reste la mère de TOUS les vices, hinhinhin… -, ma chère maman, donc, m’a trouvé une occupation distrayante : « Tu ferais mieux d’aider ton frère à écrire sa lettre au père Nowëll : il est dessus (et vue la position, ce n’est pas une façon de parler, me murmurè-je au passage dans mon for intérieur, …) depuis ce matin… »
Ce n’est plus une lettre : c’est un roman-fleuve !
L’accueil de mon frangin est on ne peut plus chaleureux : quelle que soit l’épreuve qu’il traverse, il refuse généralement toute assistance. Le plus souvent d’une manière… disons assez revêche, pour ne pas dire franchement désagréable. Bon, c’est tout à son honneur : il assume pleinement les catastrophes dont il reste l’artisan principal, mais c’est pas une raison pour être acariâtre pour autant !
Pour le coup, il m’envoie franchement promener. Et comme – on a pu le remarquer -, je ne suis pas moi-même dans l’un de mes meilleurs jours, je ne puis que lui rétorquer « De toute façon, le Père Nowëll, il existe pas, pauv’ cloche !!! et j’en ai des preuves ! »
Mââââlheur à moi !!! qu’esse je viens de dire ! c’est comme si j’avais déclenché accidentellement une sirène d’incendie : le frangin fond immédiatement en larmes – et en hurlements ; en hurlements, surtout… - MAAaaaaannn-maaaaaannnn !!!! Il a dit que le péreuh-Nooouuwwwwwwwwèèèèèll il ézistait pâââââs ! Menteeeeuuuuur !!! »
Et là, juste derrière mon dos (je l’avais pas entendue venir…), la voix maternelle : « Ah bon ? le père Nowëll n’existe pas, selon toi ??? - je me retourne, stupéfait – ...Eh bien, tu n’auras pas de cadeaux cette année ; puisque Papa Nowëll n’existe pas, comment pourrait-il t'apporter quoi que ce soit ? »
Implacable logique féminine ; soulignée en l'occurrence d’un violent claquement du torchon auquel ma très chère mère préférée vient tout juste de s’essuyer les mains : tout tablier dehors, elle est en tenue de combat. Depuis les aurores.
Et merrr….deuhhh !
Y’a comme qui dirait une bourde dans ma stratégie, lààààààà…
*** *** ***
 20/12/2011Le petit jeu d'Alex...(IV)IV
Le problème à résoudre est fort simple : comment approcher le père Nowëll d’assez près pour constater que c’est bien du clochard de ma mère qu’il s’agit ? (« Le Clochard de ma Mère »… on dirait un titre de roman à la Pagnol !) Parce que je voudrais pas me planter sur un sujet si fondamental. En plus, je risquerais de foutre my mother en rogne (« Comment ??? j’ai un clochard de Nowëll et on m’a rien dit ??? »), et ça, croyez-moi, c’est jamais recommandé !
Donc, tout en contemplant la file des candidats (sans m’y mêler pour m’instant), je reu-fléchis. Y’a eu quelqu’un de sympa qu’a eu l’idée de disposer une corbeille de bonbons sur un petit guéridon devant l’avant-scène au trône Henri II doré à l’or synthétique et j’en pique un au passage : toujours ça de pris. Zut : c’est une espèce de machin vert-huître, parfum « anis », dans un cellophane qui craque. J’aime pas l’anis : ça me rappelle la sortie de la messe, quand on récupère mon grand-dab au bistrot au passage (parce que lui, les curetons…) en filant vers la pâtisserie chercher les petits gâteaux du dessert du dimanche avant que les autres aient raflé tous les meilleurs (dont mes préférés : les « Tartines russes » ) ; là, à chaque fois, mon grand-père est parfumé au pastis. Beuarrkk ! Mais comme c’est lui qui paie les gâteaux… enfin, je vous dis pas la course au baba, à défaut d’échalote : on n’est pas loin des bagarres le jour des Soldes à La Redoute…
Ici aussi un véritable drame est en train de se dérouler : après une altercation – ou plutôt un crêpage de chignon – évité(e) de justesse entre deux mères méritantes sous le regard consterné de leurs rejetons affligés : « J’étais là avant vous, Médêmeuhhhh… et d’ailleurs, vous z’avez qu’à demander au Père Nowëll : on attend depuis avant sa pose casse-croûte ! » -, voilà-t-y pas que l’un des bambins concernés fait de l’obstruction : cramponné à la main de sa mère (dans la cul… pardon, je m’égare…) il freine des quatre fers tant qu’il peut et hurle, la bouche en passe-boule : « J’veux pas y’aller, su’l’père Nowëll ! j’veux pas y’alleeeeeeerrrrr !!! »
(Entre nous soit dit, je peux le comprendre. Des fois qu'en plus d'alcoolo et tabagique, il serait pédophile. M'enfin, en 56, je sais même pas si le mot existait déjà !)
C’est là que j’interviens : je pique un autre bonbon dans la corbeille – rouge-violacé, celui-là ; à la betterave ?? non, à la cerise ! -, je le déballe dans la lancée et hop, que je l’enfile dans la gargoulette béante du môme-qui-veut-pas-y-aller. Dangereux, ça : il pourrait avaler de travers.
Mais non ; stupéfait, le gosse ferme la bouche et me regarde, toujours avec des yeux ronds pleins de larmes. Et là, moi, angélique : « Tu veux que je vienne avec toi voir le père Nowëll ? »
Comme il ne veut pas perdre le bonbon, il me fait signe que oui, de la tête…
Et paf, l’affaire est dans le sac !
Machiavélique, moi ???
Je vous fais grâce du reste. Peut-être, vers les années 2000, le môme-au-bonbon, devenu à son tour grand-père Nowëll, montrera-t-il à ses petits ou arrières-petits-enfants sa photo sur les genoux d’un père Nowëll lui-même depuis longtemps retourné cendres et poussière ; et là, les gosses de demander (ça pose toujours de ces questions, les chiards…) « Et dis Papy : qui c’est le petit garçon qu’est là, au garde-à-vous à côté du père Nowëëëëëlll ? c’est tonton Léon ? »
Ben non, c’était pas tonton Léon ; c’était moi, et je resterai pour toujours dans l’anonymat éternel des figurants non syndiqués. Et vous savez pas le pire : c’est que moi, cette photo-là, et ben, j’en ai même pas eu une épreuve en cadeau ! Zut, elle aurait bien pu faire un effort, la moman ; après tout, c’est grâce à moi qu’on a évité la tragédie, nan ???
Dur-dur, l’ingratitude humaine.
Pour le reste, mes pires soupçons se trouvent confirmés : alors que je prends la pose à gauche du Papy-Nowëll, je flaire une odeur nette et prononcée de jaja-13,5° (« GranJi » ; litre « à étoiles », consigné 25 francs (anciens)…) à laquelle se mêle une non-moins forte fragrance de « Scaferlati Gris » emballé « Riz-La-Croix » et roulé main…
Ça et le pif, plus aucun doute n’est permis : c’est bien du même homme qu’il s’agit !!
Élémentaire, mon cher Watson !
*** *** ***
 19/12/2011Le petit jeu d'Alex...(III)Pour ne rien vous cacher, c’est au pif que je l’ai reconnu, le suppléant-Père-Nowëll. Pas au mien, noooon ! quoique résoudre les innombrables problèmes de l’existence « au pif », ce serait assez mon genre.
Non, là, c’est bien du sien qu’il s’agit. Et je peux vous assurer que le regretté Cyrano peut bien se l’accrocher, ce coup-là, sa fameuse tirade : « C’est un roc, c’est un pic, c’est un cap… »
Pas du tout le style alpiniste ici ; le sien c’est plutôt le genre betterave. On ne peut plus terre-à-terre ; même qu’elle bourgeonne. En plein hiver ?
Et pas sucrière pour un poil, noooon : rouge bel et bien, qu’elle est !
Ou plutôt violacée (qu’esse y donne comme synonymes de violet, le dico ? « Violacé ; Violâtre ; Vineux ; Lie de vin ; Lilas ; Ardoisé ; Mauve ; Prune ; Violine ; Zinzolin ; Amarante ; Améthyste…)
« Améthyste », ça irait assez bien pour Santa Klaus, sa crosse et sa mitre, mais nous n’y sommes pas. Rien de bien satisfaisant, en somme. En foi de quoi, va falloir faire appel à toutes mes ressources descriptives.
Je décris donc :
D’abord, on se demande comment il peut supporter d’avoir ça planté entre les deux yeux sans que ça lui bouche complètement l’horizon : c’est tellement énorme que ses yeux semblent scotchés à grand-peine de chaque côté, comme s’ils essayaient de se cacher derrière ; ça me rappelle les tortillons-colombins boursouflés en pâte-à-modeler de mes sœurs (elles appellent ça des « Visages ». Hum.) : à force de mélanger toutes les couleurs, de rouler et de malaxer* sans merci , elles parviennent chaque fois à un résultat genre « violet-de-mer » : vous savez, à l’étal des poissonniers au moment des fêtes, ces bidules en forme de patate couleur « dégueuli-de-femme-saoûle », comme dit Papa (…quand Maman n’est pas en vue…).
Je vais vous avouer un truc à propos de « délikatessen » : j’adore ça ! Bien plus que les huîtres, les crabes ou les oursins (d’un banal !) ; c’est tellement iodé qu’on a l’impression de boire la tasse en plein Atlantique dès qu’on en avale une bouchée. En plus, à l’intérieur, c’est orange vif : ma couleur préférée. Et puis ça me donnerait envie de m’en goinfrer rien que pour voir la tronche – sur le point de gerber - de mes frangin-frangines quand je les gobe tout crus à Stella-Plage en passant à la poissonnerie les soirs de vacances ; au retour des « bains-de-mer » et pour le plus grand plaisir du poissonnier déguisé en Capitaine Cradoque, bottes, chapeau et ciré jaune-citron à l’appui ! J’ai comme l’impression que je dois être son seul client pour ces machins : même les adultes reculent. Mais j’aime les émotions fortes, moi. C’est vrai aussi que question digestion, c’est pas de la crème fouettée : on en profite pendant plusieurs jours !
Bon, pour en revenir au Pif-de-Nowëll (qu’a rien d’un gadget, çui-là !), j’imagine qu’avec le relief, ça doit assez ressembler au plancher de la planète Mars, son appendice. Ou Vénus, mais dans un cas comme dans l’autre éruptions comprises. Dommage que toute cette jolie brochette de planètes soit si loin pour aller vérifier sur le terrain ; « in situ », comme dirait notre instit, planqué bien au chaud derrière son bec Bunsen pendant les « Leçons de Choses » du mercredi matin.
Ceci étant, ici et maintenant, va falloir quand même que j’aille contrôler de plus près, quant à moi.
Des fois que je serais l’objet d’une illusion de mes sens abusés.
Or, il se trouve qu’une providence complaisante a placé juste en face un superbe - et monumental - appareil photo sur trépied, tout droit sorti d’un Jules Verne de la collection Hetzel et pour l’instant encore pudiquement voilé de noir, comme les bonnes sœurs à confesse… (J’imagine bien notre vicaire distingué – on en reparlera plus loin…- faire le coup dans son confessionnal gothique fin-de-siècle aux Très-Chères-Sœurs enseignantes de « Ste Marie Auxiliatrice » - l’école de MES sœurs – venues se faire blanchir la conscience en bonne et due forme : « Coucou, le petit oiseau va sortir !!! » Le Scandâââââle !!!)
Pov z’oiseau tout de même ! ici, si on l’a pas prévenu – avec tous les ménagements nécessaires… - et que c’est sa première sortie, y va avoir un choc !!!
Bon : vous aurez sans doute compris que, joignant l’utile à l’agréable, on recommande fortement à toutes les mères de famille en vadrouille de profiter des « commissions » pour faire immortaliser cet instant inoubliable de la vie de leur(s) morpion(s ). Légende : « Nanar sur les genoux du père Nowëll en 56 ; juste avant qu’il ne tombe avec son Baby-Star ** dans les escaïers du second et se casse toutes les dents de devant***… » ; le tout moyennant, bien entendu, espèces sonnantes et trébuchantes, mais à un tarif on ne peut plus raisonnable (Est-ce qu’il y a des réductions pour familles nombreuses ?).
D’ailleurs, le photographe vient juste de débarquer à son tour et il y a déjà, en train de se former, une queue de mamans toutes plus minaudantes et vaniteuses les unes que les autres et prêtes à tous les sacrifices pour faire tirer, en compagnie du Petit-Papa-Nowëll-tout-exprès-descendu-du-Ciel, le portrait de leurs chères têtes blondes, pour l’instant encore soigneusement parquées en rang d’oignons : « Mouche ton nez, remonte tes chaussettes et viens ici que je te recoiffe… »
J’ai idée que ça doit pas toujours se passer sans pleurs et sans grincements de dents, l’immortalisation : ce père Nowëll-là, vu de près, y’a de quoi plus jamais croire en rien jusqu’à la fin de ses jours !
Surtout si je m’en mêle…
(La suite demain. Si je suis pas mort avant : on va au blasphème, je vous dis pas comme !)

*Et sans allusion aucune à personne en particulier ici…
** Le « Baby-Star », c’était le mini-vélo de tous les gosses à l’époque, avec des pneus-ballons super-confort et un train d’atterrissage fixe à l’arrière, pour éviter les impacts douloureux avec les célèbres pavés-du-Nord. Perfide, j’avais enlevé les « roues auxiliaires » de celui de mes sœurs. Comme ça, elles n’osaient plus l’utiliser et moi je m’en servais pour faire du cross à fond la caisse dans le jardin, et notamment sauter à pleine vitesse les quatre marches du perron vers la pelouse…
*** Ça fait rien : c’étaient ses dents de lait…
18/12/2011Le petit jeu d'Alex...(II)II
Hors ça, me voilà donc, cache-nez remonté au dessus des oreilles, bonnet de ski enfoncé jusqu’aux sourcils et mains enfouies dans les poches malgré les gants fourrés, descendant du « C barré » à l’arrêt « Grand-Poste » (en ces temps lointains, les tramway ferraillent toujours au milieu des rues, à Roubaix, et ils n’ont pas de numéro mais des lettres : celui-là, qui va quasiment de chez moi à Monoprix sans escale, c’est le « C », barré en diagonale rouge. Le « C » tout court, quant à lui, part de moins loin mais s’aventure jusqu’à Tourcoing, limite Belgique et le « Risquons-Tout* » : l’expééédiiitiion polaire en vrai, quoi !!!!! Heureusement : ils sont chauffés. Trop, presque.)
Comme j’ai programmé large, j’arrive à Monoprix alors que les portes viennent tout juste d’ouvrir. Il doit être à peine deux heures de l’après-midi.
Catastrophe : le père Nowëll n’a pas encore pris son service ! Va falloir que je déambule entre les rayons tentateurs en attendant le lever de rideau, et ça, pour ma tirelire, c’est jamais recommandé. Heureusement que, me connaissant, j’ai juste prélevé le minimum vital, tickets de tramway compris : ben oui, je suis du genre « fils prodigue ». Ça doit être par réaction à ma famille côté grand-père paternel (pas le franc-maçon, l’autre), réputée pour ne les lâcher qu’avec un élastique. Et du genre plutôt costaud, l’élastique, je vous prie de me croire !
Mais nous nous égarons.
Ce qu’il y a de terrible dans les « grands-magasins », c’est qu’avec le chauffage, toutes les odeurs s’exacerbent. Et comme « Monoprix », c’est tout de même pas Chanel ou Givenchy, je vous conseille tout net d’éviter le rayon « Parfumerie-Cosmétiques » : comme dirait mon père, « On en ramasse plus avec son nez qu’avec une pelle ! ». De même, contournez au large les proches environs « Lingerie Féminine » ; « Nouveautés et Articles de Mode », voire même « Coupons et Linge de Maison » qui, comme par hasard, ne sont jamais très loin et dans la « sphère d’influence » olfactive.
Vous me direz, à dix ans, qu’irais-je faire dans ces galères ??? Ben si : à l’époque de Nowëll comme aux alentours de la Fête des Mères, même à ces âges vous n’êtes pas un gibier négligeable pour toute vendeuse à l’affût ! Excepté que les « sent-bon » qu’ils vendent là-bas (y’en a même « à la tireuse », comme pour le pinard !), si un jour l’idée me venait d’en offrir un flacon à ma Mômon chérie, je me retrouve déshérité dans la volée, aussi sec. C’est vrai qu’on dirait parfois que c’est du combustible, leurs trucs.
Comme pour l’instant, j’ai encore un peu besoin d’amour maternel (et surtout de chaleur), restons prudent…
Pour ce qui est de la scène de théâtre, tout est prêt : il y a un superbe trône modèle « Henri II », comme les chaises de la salle à manger chez ma Tante Nini. Sauf que là, en lieu et place de toiles d’araignées, il y a débauche de guirlandes argentées, de boules-de-Nowëll et autres accessoires plus ou moins « Nativitesques » ; du style paquet entier de ouate hydrophile moutonnante, avec des Nounours et autres bestioles peluchesques diverses noyées dedans jusqu’aux genoux. (Ça a des genoux, les Nounours roses et bleus ? et les zèbre orange-et-noir ? et les girafes vertes ??? ça doit les changer de la brousse, la neige ! Et on n’a même pas pensé à les munir d’un cache-nez, les pôvres ! vous me direz : avec les girafes, vue la longueur qu’il faudrait...)
Et tout ça, sous des sapins artificiels qu’ont l’air de goupillons-à-bouteilles géants trempés dans la chlorophylle pur-jus !
M’enfin, faut tout de même pas exagérer ! les sapins, passe encore : y z’auraient mis des ours blancs, des phoques et des pingouins, je veux bien, mais des girafes ! mais des zèbres ! mais un hippopotame !!! et bleu-ciel, l'hippopo ! J'vous d'mande un peu...
Evidemment, pas encore question de réchauffement de la planète, à l’époque.
Et là, alors que je m’étonne ingénument du peu de connaissances zoologico-botaniques des décorateurs de grand-magasin, TAADDAAMMMM !!!! entrée du père Nowëll.
En chair et en os.
Il serait juste de préciser qu’il y a nettement plus de chair que d’os d’ailleurs, mais ce n’est pas ça qui me cloue sur place, non.
Bien plus inattendu : je le connais très bien, le Père Nowëll. Ou plutôt, je le reconnais : C’est l’un des clochards que ma mère entretient avec un zèle quasi-religieux (Craindrait-elle qu'un « Stage-Purgatoire » quelconque ne lui soit un jour imparti dans l'Au-Delà, en rétorsion à l’usage des mères de famille qui ont eu la main leste avec leur descendance ?) ; l’un de ceux qui viennent le plus régulièrement à la maison solliciter une petite pièce pour entretenir une soif jamais étanchée.
Ça alors ! si je m’attendais…

(La suite demain. On a encore le temps : Nowëll, c'est dans 6 jours seulement...)
*Le « Risquons-Tout », pour ceux qui ne connaissent pas, c’est le poste frontière entre Tourcoing et la Belgique. Au delà, c’est toujours en blanc sur les plans-guides « Ravet-Anceau » de l’époque : Terra Incognita. L’Europe est encore loin, en 56…
17/12/2011Le petit jeu d'Alex...Nowëll, Nowëll… Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté…
(avec plein de fleurs autour. Et des bougies. Et des cantiques. Et les autres, alors ? Les ceusses « de pas bonne volonté », des hommes ? Peuvent aller se faire voir, ceux-là ? pourtant, c’est eux la majorité, non ? alors ???)
Faudrait pas me prendre pour une pomme, tout de même ! je vais vous faire une révélation (sortez vos mouchoirs…) : LE PERE NOWËLL N’EXISTE PAS !!!
Bon ; c’est pas parce que j’ai tout juste dix ans qu’on peut se payer ma fiole impunément. Ça, c’est bon pour mon couillon de frangin (huit ans) et mes deux chipies de sœurs (six et sept, treize : chiffre de la poisse !! je me disais aussi…), toujours prêts à croire à n’importe quoi du moment que ça rapporte !
Mais moi, NON ! l’autre jour, j’entendais une de mes tantes me traiter « d’affreux jojo », en conciliabule secret avec la maternelle ; elles ne s’étaient pas rendues compte que j’étais derrière la porte. Et alors ? parce qu’on veut toujours savoir le fin fond d’une question, on est un affreux jojo ??? ben tant pis : la vérité est à ce prix. Ahhh, monde cruel !
D’abord, le père Nowëll, à Roubaix, il a le don d’ubiquité : en même temps, il est à Monoprix, à Unifix et chez Bossu-Cuvelier, pour ne citer que ceux-là. (non, j’exagère : chez Bossu-Cuvelier, c’est St Nicolas. Dans le Nord, Il a le privilège de l’antériorité, lui : « St Nicolas, évêque de Myre, en Lycie ; patron de la Russie et des petits enfants [IV° siècle] » qu’il dit mon petit Larousse.)
Me voilà bien avancé.
Outre qu’on ne nous dit rien ni de Myre, ni où peut bien percher cette fameuse Lycie, on se demande, quand on est pénard évêque à l’autre bout du monde il y a des lustres, ce qu’on peut bien trouver d’intéressant à venir traîner les sabots de son âne jusqu’à Roubaix, en ces merveilleuses et glaciales années 50. (Oui-oui : c’est seulement après - bien après ! -, qu’on les a trouvées merveilleuses, les fifties. L’hiver 56, avec le froid qu’il faisait, le merveilleux, il était plutôt en grumeaux ; congelée, la féérie-de-Nowëll : même les dindes avaient la chair-de-poule ! Bonjour l’escroquerie, au prix où elles étaient !)
Juste avant les vacances, il a pas fallu plus des dix minutes que je mets à aller de la maison au P’tit Lycée à pieds pour éclater ma bouteille de Waterman « Bleu des Mers du Sud » au fond de mon cartable, un beau matin. Je vous dis pas la catastrophe au dégel...* . Forcément, les « Mers du Sud », la banquise, connaissent pas ! En plus, je sentais plus mes pieds, malgré ma double paire de chaussettes. De laine, of course : à Roubaix !
Bon : donc j’ai entamé mon enquête. Sur les préceptes de Sherlock Holmes, que mon grand-père m’avait remis en mains-propres le Nowëll précédent (« Le Chien des Baskerville », en « Rouge et Or ». Le grand-dab, il est pour le « directement du producteur au consommateur » ; il saute les intermédiaires, genre « Père Nowëll », « Petit Jésus dans sa Paille », « Stille Nacht », « Boules-de-neige et Jour de l’An et bonn’année Grand’mère ! » ; enfin, toutes les autres complications du même acabit. Ma mère prétend que c’est parce qu’il est socialo pur-jus et Franc-maçon. Je vois pas très bien le rapport ? d’ailleurs, qu’est-ce qu’un maçon irait trueller à plein temps aux Abattoirs de Roubaix, où il est « chef-chevillard » ??? on me cache encore une fois des trucs, j’ai l’impression…)
Mais revenons à nos brebis, bœuf et ânon (de Dieu… Zut, ça m’a échappé !)
En conséquence, me voilà derechef sur la piste du Père Nowëll.
Hélas, cette année le mercure annonce - 17°. Trop froid pour la neige ; avec les traces, je perds des indices précieux.
Première initiative, donc : aller espionner le suspect principal sur les lieux-mêmes où il sévit généralement.
En l’occurrence : à Monoprix. En plus, c’est « entrée libre » ; y’a pas de vendeurs(euses) surnuméraires pour vous tomber sur le poil à peine rentré, du genre « Je peux vous donner un renseignement, mon petit ? » et – surtout !!! – c’est très bien chauffé.
En plus du plus, y’a toujours, en vitrine, une démonstration de train(s) électrique(s) à vous couper le souffle ! Quoique jusqu’ici, ça n’a pas encore donné d’idées-cadeaux à notre père Nowëll personnel, ces grandioses débauches ferroviaires, et c’est bien dommage !
Va falloir que j’essaie la suggestion hypnotique, peut-être ? Mais hypnotiser qui ? le paternel, il est toujours en voyage de par le vaste monde et pour ce qui est de ma mère, celui qui parviendra à lui forcer la main n’est pas encore né, hypnose ou pas !
Sauf s’il est vendeur d’aspirateurs chez « Electrolux », peut-être ? Mais pour les trains électriques, bernique !
(Et ça vous fait rire ? C'est la faute à Alex. Et vous aurez la suite demain. Si je peux.)
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* Authentique. 13/12/2011...Enfin !!!!...un numéro spécial "S.O.S Alzheimer" ! Faites le **** et dîtes "Agaga"...
C'est un service (gratuit) de la Fondation Bettencourt ®.
"Parce que vous le valez bien !" "...Et quand je vous fais ça, est-ce que vous sentez quelque chose ?"
Lutteurs turcs "à l'huile" (Si. C'est comme ça que ça s'appelle. D'olive pure et vierge.)
Photo Stephen Dupont. 09/12/2011Mixing art......En mélangeant astucieusement ça et "Golgotha Picnic"...
...on obtiendrait peut-être une version "hotement" blasphématoire du "Déjeuner sur l'herbe", naâââânn ??? 08/12/2011Dans notre série "Vivre dangereusement"......voici une très intéressante étude sur "comment rompre la glace", ou "Est-il possible de parvenir à une bandaison correcte en situation chez les Inuïts..?"
[www] 07/12/2011Cadeau de Noël... ou de fin damnée ?Un projet cher au locataire de l'Elysée dont nous avons eu la teneur auprès de "sources généralement bien informées" : le Président de la République, pour remercier les contribuables de l'effort de plus en plus lourd à porter qui leur est demandé quotidiennement, envisagerait d'envoyer à chacun d'eux un petit cadeau de No-well, joli et utile, pour les en remercier. Ci-dessous, prototype du modèle actuellement à l'étude... Au sein de la majorité même, les avis restent partagés : qui, à part les gamins, utilise encore des crayons aujourd'hui ?
06/12/2011Marthe Richard pas morte !!!Tiens, à propos de dépités : non, Marthe Richard n'est pas morte !!! cet après-midi à l'Assemblée Nationale, on doit voter un texte sur l'interdiction de la prostitution et le moyen de faire payer les clients... et tous les députés, majorité et opposition confondue, semblent d'accord pour (ce qui devrait toujours être de nature à inquiéter très sérieusement leurs électeurs, s'ils n'étaient pas si stupides !)
Le plus vieux métier du monde a du plomb dans l'aile ? comme s'il suffisait de voter une loi pour le faire disparaître ! y'a jamais eu tant d'alcooliques aux USA que pendant la prohibition et ils en crevaient tellement leur gnôle était frelatée ! alors, qu'est-ce que ça va nous apporter, un projet de loi aussi con et surtout garanti inefficace dès le départ ??? du temps des "maisons closes", les prostiputes étaient fichées et bénéficiaient d'une surveillance sanitaire : ça avait au moins ça de positif ; tout le monde est d'accord pour reconnaître que les lois "Marthe Richard" n'ont pas eu que des côtés intéressants ; notamment dans le domaine du proxénétisme et de la prévention de ce qu'on n'appelait pas encore les "MST"...
M'enfin, quand, torpillé par les Américains, le bateau Europe prend l'eau de toutes parts et ce malgré ses deux vaillants capitaines toujours prompts à nous enjôler (de concert, c'est le cas où jamais de le dire !) de berceuses plus soporifiques les unes que les autres ( "Plus près de toi, Seigneur, plus près de toââââ..." Hum... ça vous rappelle pas un autre naufrage, ça ?), penchons-nous un peu sur la prostitution : ça nous changera les idées et ça ne peut pas faire beaucoup de mal. Et que font-elles d’autre en stigmatisant la prostitution, ces belles âmes, sinon céder aux partis-pris de la foi pleurnicharde, de la passion intolérante ou d’une pseudo-morale parfaitement stérile ? Qui dira ce que cache réellement cette compassion d’une affliction si joliment feinte ? Quelle sourde perversité occulte ce dolorisme souffreteux recouvre-t-il ?("Comme ça, les jeunes sauront qu'on n'achète pas un acte d'amour..." Argument entendu ce matin dans la bouche de la députée qui présente le projet de loi. Mais qui a jamais parlé d'amour à propos de la prostitution ? c'est un acte d'hygiène, tout au plus ! Allez donc parler d'"Acte d'Amour" aux étudiant(e)s français(es) - j'en connais à Toulouse ; ce n'est plus le propre des Etats-Unis ou de la Grand Bretagne...- obligés de louer leurs fesses pour payer leur études !!! Par contre, lorsque la prostitution "professionnelle" a été dépénalisée officiellement au Danemark au début des années 70, on a vu les délits sexuels baisser de 17% dans l'année qui a suivi !)
Z'avez pas l'impression qu'on se paie notre tête de plus en plus ouvertement, des fois ??? 02/12/2011Censure(sssssss)......en quelque posture qu'il se trouve, un gouvernement ou un système l'est toujours en mauvaise lorsqu'il n'a plus que la censure comme moyen d'action - ou de persuasion, plus exactement. C'est le cas d'un Poutine, contraint de faire pression sur des cinémas qui voulaient diffuser un film "compromettant" à propos de son ennemi personnel n°1 dans la Fédération ; ça semble aussi être le cas d'un gouvernement américain décidé à mettre au pas un Internet décidément trop frondeur.
Après les différents "printemps arabes" et leurs heurs divers et pas toujours radieux, à quand un "Printemps du Monde" ?
J'ai signé.
[www] 29/11/2011Fait d'hiver (ou presque...)Je suis un peu réconcilié avec les gimontois : tout à l'heure, vers 14h45, alors que débutait la "table ronde" de notre leader-minimo avec les représentants des agriculteurs du Gers à quelques mètres en dessous (Gimont est perché sur une crête et la salle des fêtes est en contrebas), un gimontois a fait hurler "l'Internationale" sur une sono de public-adress pendant une bonne dizaine de minutes : impossible que le nain-de-jardin ne l'ai pas entendue !
Je me demande si Fr3 et Antenne 2 vont répercuter cet "incident" ?
En tous les cas, on a bien rigolé... Super-Coountry-Quizz (Extra-de-Luxe) VIIIIl y a bien longtemps que je ne vous avais pas proposé de Coountry-Quizz. Voici donc une belle photo...
La question est : "De quelle nationalité sont ces deux farouches combattants affairés à se faire mordre la poussière" ? Identité du photographe dévoilée avec la solution. Si vous la trouvez...  |
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